Club Plasma by Court Circuit

News

Le réseau européen Live DMA en chiffre

En 2012, l’association regroupant les clubs de 8 pays européens a passé au crible les chiffres de 257 de ceux-ci. Mieux compter pour mieux agir.

Live DMA. Si l’acronyme rappelle la drogue de prédilection des gabbers, la réalité n’est peut-être paradoxalement pas si loin que cela. Car l’association, qui regroupe des salles de concerts à travers l’Europe, risque bien de donner un bon coup de speed au milieu musical.

Bref historique des faits. 2007, les réseaux de salles françaises et espagnoles Acces et la Fedurok (aujourd’hui Fedelima) s’associent pour favoriser les échanges, ainsi que partager informations et expérience. Et comme l’union fait la force, l’association s’agrandit petit à petit pour aujourd’hui regrouper Club Plasma, Club Circuit, Dansk Live, Live Musik Kommission, VNPF, Petzi et Norsk Rockforbund, soit les équivalents pour la Belgique francophone et néerlandophone, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et la Norvège. À savoir pas moins de 1200 clubs de petite et moyenne taille, prêts à s’échanger artistes, tuyaux et… chiffres.

Les chiffres justement. Le genre de chiffres qui « ont déjà permis d’agir sur le politique », comme nous l’explique Arne Dee, de la Hollandaise VNPF. En 2008, en plein cœur de la crise économique, le gouvernement de nos voisins du nord avait ainsi décidé de monter la TVA sur les places de concerts de 6 à 21%. « Grâce à nos données rassemblées depuis près de 10 ans, continue-t-il, on a pu prouver une grosse chute des ventes de billets, et donc de la fréquentation et des revenus », et faire ainsi pression sur les décideurs qui ont aussitôt fait marche arrière. Ouf.

Pas étonnant donc que les autres organisations reprises au sein de Live DMA veuillent à leur tour disposer de ces analyses chiffrées, précieux leviers envers le politique qu’on sait n’entendre à peu près que cela. Et de compiler ainsi les données de 257 salles de concerts réparties sur cinq pays. Bonne surprise: en Belgique, la quasi-totalité des 21 clubs concernés répondent présent, parmi lesquels l’Atelier Rock, l’Entrepôt, le Magasin 4, le Petrol ou le VK, salles pouvant accueillir 800 personnes en moyenne.

En Belgique donc, on a compté au total pas moins de 1.230 soirées de concerts, 2.480 groupes à l’affiche et 311.939 visiteurs pour l’année 2012 étudiée. Et au niveau de toute l’étude, on monte même à 26.508 soirées, 43.269 groupes et quelques… 6.207.734 visiteurs. Pas mal pour des clubs évoluant plutôt sous le signe de la découverte et de l’underground[1].

Là où les choses deviennent particulièrement intéressantes, c’est lorsqu’on s’intéresse aux emplois générés, aux revenus ou aux subsides (voir encadré). Si on se rend compte que les volontaires prêtent main forte en masse (63% du personnel) face aux employés (37%, soit 3.793 jobs), on remarque aussi qu’en termes de travail effectué, ces derniers se chargent alors de… 71% du boulot. Arbeit macht frei?

Kevin Dochain

 

Live DMA en chiffres

Si les clubs étudiés dépensent un peu moins de 750.000€ en moyenne sur l’année et ramassent à peine plus, une grosse partie de leurs revenus restent dépendants des subsides: 42% en Flandre et 27% en Wallonie soit, dans les deux cas, plus que ce que ne rapporte la vente de tickets… La situation n’est pas exceptionnelle (39% de subsides sur les cinq pays étudiés), mais a le mérite de souligner leur importance!

 



[1] On rappelle que ni le Botanique, ni l’Ancienne Belgique ne font partie du panel, ceux-ci ne faisant partie ni de Club Plasma, ni de Club Circuit.